mardi

Correspondances I : Muetdhiver (a, b, c)

a.

Hey. Une petite réponse rapide en forme d'accusé de réception, parce que juste là maintenant j'ai pas le temps -- puis que j'ai plus vraiment de connexion internet depuis quelques jours ; je joue donc les hackers de la Matrice pour squatter les points d'accès wireless à proximité, tout ça. Bref, je suis content que tu te sois converti au cyberpunk ; car oui, Gibson est un génie un peu incompréhensible, mais ça doit être ça l'essence du génie -- tant que j'y suis, quelques recommandations : Norman Spinrad, qui décrit des sommets écologiques de l'ONU dans un Paris sous eau et peuplé d'alligators tropicaux, où la "Grande Corporation Bleue" crée en fait elle-même les désordres climatiques pour vendre sa technologie (en 1997...) -- Trent Reznor, qui fait de l'électro-rock en 1989 et... ah oui mais ça tu connais déjà.
Une découverte du moment alors : Serge Gruzinski : (on change de registre, c'est un historien) qui n'hésite pas à tracer des parallèles entre ce qu'il appelle la "première mondialisation" (celle des monarchies ibériques et des Grandes Découvertes au XVIe siècle) et la globalisation-uniformisation-standardisation du monde d'aujourd'hui ; dans la conclusion de son dernier ouvrage, Les Quatre Parties du Monde, on retrouve ainsi Matteo Ricci et Roberto Nobili (missionnaires jésuites du 1er XVIIe siècle) face à....



... (wait for it !)





.... Matrix et Terminator. Ce mec est trop fort. Trouve n'importe quoi que tu peux lire de lui ; on le trouve facilement en ligne (notamment : Mondes Mêles : les mondes de la monarchie catholique et autres "connected histories".)
T'auras donc compris que le mémoire, bah ça va, ce thème de la vision de l'autre, c'est finalement intéressant. Je regrette juste de n'être pas aussi brillant que Gruzinski... Ou Gibson, ou Reznor, for that matter. (ou de Certeau ou Dupront, si d'aventure tu te prends de goût pour l'histoire philosophico-jargonnant.)

Allez, plus à venir (en définitive, c'était pas si mal). Porte-toi bien, écoute les Flaming Lips quand t'es triste, NIN quand t'es trop joyeux ou énervé, et Mew le reste du temps. Les Variations Goldberg ou les Suites pour violoncelle, je cautionne aussi, mais alors que par Glenn Gould et Yo Yo Ma, respectivement.

Tchuss.

- C.

b.

J'oubliais : je viens de finir (ça me garde dans l'ambiance) : Langue Morte - Bossuet de J-M Delacomptée. T'en ai-je déjà parlé ? Il a aussi fait La Main Savante - Ambroise Paré et Le Roi Miniature - Francois II (ça je crois que je t'en ai parlé, j'avais fait un travail là dessus.) Ça vaut vraiment le coup, mais faut aimer les grandes figures classiques. (sorte de biographie romancée, coll. "l'un et l'autre", Gallimard.) Sinon je finis aussi L'Amour au temps du choléra (je t'avais passé une fois De l'amour et autres démons, non ?) et on ne parle jamais assez de Garcia Marquez. C'est bien, ça nous fait quelques sujets de réserve.

C'est un peu expéditif tout ça, je me pose pour la suite.
Cya.

- C.

c.

Et tant que j'y suis : ouais, la lecture en diagonale c'est de la foutaise ! (Mais je crois que nombre de personne lise effectivement en diagonale. Par exemple : La Meuse, le matin, avec le café et les chiards braillards. Brrrr.)

- C.

Vuoto