samedi

Correspondances II : Christmas


Ave ! (ouais, un peu pompeux. Mais c'est pas si facile de trouver une alternative valable à "Hey" ou "Yo" et "Wassup" ; puis en ces temps de déculturisation [barbarisme ? bah, je viens de lire beaucoup sur la "déchristianisation", ben c'est la suite. ] massive, un peu de latin, ça peut pas faire de mal.)

Bon, on aborde donc la question de l'intérêt, ce qui va me permettre de ressortir une petite phrase que j'ai conservé depuis bien longtemps et dont je n'avais pas encore eu l'occasion de me servir : thx. C'est vrai que mon enthousiasme emporté confine à l'obsession : je devrais effectivement en toucher deux mots au psy, ça lui donnerait sans doute matière à réflexion, surtout que j'ai l'impression de le faire tourner un peu en rond ces derniers temps, le pauvre... D'un autre côté, j'ai un peu peur qu'il finisse par me répondre un truc du genre "hé bien, comme vous ne savez pas trop quoi faire de votre vie, ce caractère de prosélyte aigu rabâcheur, mettez le à profit en vous lançant dans la politique." Et l'entretien de se finir en rixe mano a mano... En plus d' "emporté", on me l'avait aussi qualifier de "fugace", il y a bien longtemps, mon enthousiasme. Donc, phrase du jour :

« L'"intérêt" d'aujourd'hui ne connaît que l' "intéressant". Et "intéressant" veut dire : ce qui permet à l'objet en question de redevenir indifférent l'instant d'après et d'être remplacé par un autre qui nous concerne tout juste aussi peu que le premier. Aujourd'hui l'on estime souvent honorer beaucoup une chose en la jugeant "intéressante". En vérité, un pareil jugement abaisse la chose intéressante au niveau des indifférentes et il la repousse parmi celles qui bientôt seront ennuyeuses ». (Heidegger)

J'avais lu ça dans une critique de Chronicart à propos de je sais plus quoi. J'imagine que, dès lors, pour qu'un objet redevienne véritablement intéressant, il faut le partager, susciter l'émulation, faire rebondir les idées et l'empêcher de retomber tristement dans l'indifférence alors qu'on avait pensé y voir quelque chose de bien. D'où mon obsession du partage d'enthousiasme. En fait, ça ne me plait pas tant que ça d'être le propagateur/harceleur d' "intérêt" de service ; j'aimerais bien en être aussi (un peu) la victime ! Mais pour ça, faudrait écouter un peu plus les autres, tu vas me dire. Ça me fait penser que je faisais souvent peu de cas des suggestions reçues. J'avais d'ailleurs mis super longtemps à commencer Siri Husvedt (orthographe hasardeuse), notamment à cause de çà. Du coup, j'ai changé d'avis puisque j'ai bien aimé. Donc ça m'"intéresse" que tu m'en dises plus sur Les Cerfs-volants de Kaboul, que j'ai à la maison, que mes sœurs ont adoré -- ce qui me faisait partager ton avis "attention guimauve : grasse mièvrerie". Si en fait c'est bien, faut que je le lise. Je me rappelle aussi de la Conjuration des Imbéciles, que j'ai jamais fini et qu'il faut que tu me re-files à ton retour. Bref, y a rien à faire, il faut vendre les trucs aux autres, (et s'emballer très trop fort) sinon il se passe rien, y a plus de conversation ou d'intérêt. Par ailleurs, la convergence de l'intérêt : faut bosser là-dessus aussi. J'ai un post-it, juste là, à côté de mon écran, qui me dit, entre autres : "Mann, Musil, Goethe/Werchter". Parce que je dois aussi me mettre, finalement, aux Allemands. Je crois que Goethe tu dois en avoir, non ? Et Nietzsche aussi. Bah, je te les piquerai tous, juste retour des choses. J'ai toujours pas lu Asimov non plus, (Ça fait partie de Fondation celui dont tu parles ?) Donc n'hésite pas à m'envoyer trois mails par jour pour dire à quel point c'est bien, pas "indifférent", et que c'est vraiment lamentable que je ne l'ai toujours pas lu, pour bien m'emmerder ! Juste retour des choses, là aussi. Conclusion : pour être vraiment intéressant, l'objet doit être obsessionnel. Bon, toute une théorie spécieuse pour justifier maladroitement mon déplaisant comportement. Bah, je fais ce que je peux. Tiens, Les Pintades à Téhéran c'était un bon succès de librairie quand j'étais chez Pax. Là aussi, je suis curieux.
Et je persiste (sic aussi) : je viens de regarder encore sur son blog, c'est NAOMI Klein, bordel de foutre dieu. (Dieu, ça passe à travers vos filtres anti-terroristes ?) Sinon, dis leur juste de changer par "bordel de foutre couilles", ça me va aussi.

Allez, tout cela est encore un peu expéditif et décousu, mais, à tout le moins, ça distraira ton intérêt pendant quelques minutes avant de retourner à d'autres passions ennuyeuses. Porte toi bien, Org.Cslnt (ça, ça sera forcément le nom d'un personnage d'un futur roman de Dantec).
Cya.

- C.

Vuoto